05/03/2009

Bilan Février

+195$ sur ce mois de Février (vs 230$ en Janvier)

Gains par jour:


Les raisons de si peu de gains :
- Une première semaine sans jouer
- Une journée tilt à -70$
- Des tentatives "onéreuses" sur de gros MTT.

J'ai en effet appris qu'un cousin avait remporté 6k$, en finissant 2ème d'un $8 + R.. Soit 2 fois le fruit d'une année de grindage, en une seule soirée..

Je me suis donc essayé à qques MTT - 11$ à 2000j ou +, mais pas un seul ITM.. pour l'instant.


Par contre, une progression à noter, je me suis installé en DoN à 5.2$ où je tri-table mini avec un ROI de 7% (vs 5% en janvier).

Mon ROI de SnG est à 61% (merci les 2.2$-180j où je fais 2 secondes places) soit le même ROI qu'en Janvier.


Coté mains,

Je touche un AA sur la première main d'un DoN, en SB.
Beaucoup de limpers, donc pas question de slowplay, mais le bouton (un gros donkey) call.. et paye mon all-in au flop pour toucher l'un de ses 4 outs..


Un steal malin :
premier levels de blinds, je limp un 2bet d'un mec sérieux (que j'ai déjà croisé plusieurs fois) sur ma BB avec AJ.
Sur un flop Qxx, je passe à l'offensive avec une petite CB, et je call sa min re-raise comme si j'essayais de le trapper.
Turn : x. Check pour le laisser miser : il met 1/4 du pot.
Cc'est le signe de weakness que j'attendais et je le re-raise rapidement. Il lâche sa main. Vol réussi.
D'où l'intérêt de la note que j'avais prise sur ce joueur !


Et pour finir l'analyse d'une main jouée par Franckey sur un DoN à 5.2$ :
Il touche AK en début de parole. blinds 10/20.
Il reraise à 70 un limper (J1), c'est normal, AK préfère chasser les curieux préflop. Mais un mec (J2) derrière lui met alors 200. C'est callé par J1.
Que faire : 1=jeter 2=caller 3=re-raise

Il y a de fortes chances pour que J2 est une main très forte ici, car il relance Franckey, qui a déjà relancé. (au mieux AK, JJ ou QQ et au pire KK ou AA)
La meilleure solution est sans doute la 2=caller, et de voir si le flop apporte un A ou un K. Si aucun K ou aucun A au flop : c'est check-fold.

Mais Franckey est un gambleur-agressif, il relance à 620 (1/3 de son tapis) et paye J2 qui met son all-in. J1 s'est couché.
J2 montre AA.. c'était prévisible..
Seulement sur ce coup Franckey a chatté, no luck pour J2..

Malgré tout, c'est mal joué. Il ne faut pas jouer trop agressivement les AK ou AQ dans les premiers niveaux de blinds, surtout dans un DoN, où la survie est plus importante que la prise de risque..


Donc message pour Franckey : soit plus prudent !

02/03/2009

Le Joueur de Dostoïevski

Lecture récente de ce court Roman de Dostoïevski : Le Joueur. Je n'ai en effet pas pu résister au nom aguicheur.

On m'avait prévenu : "Dostoïevski lésine rarement sur le nombre de ses personnages, et prend un malin plaisir à décrire en long en large et en travers toutes les rencontres et relations qui les lient les uns aux autres".

Présenté comme ça, c'est sûr que ça donne pas trop envie.. Mais ce livre raconte avant tout l'histoire d'un gambleur, et même si c'est au 19e siècle, ca reste intéressant..

Petit résumé (de wikipédia) :
Un jeune précepteur, Alexis, au service d'un général à la retraite et de sa famille, arrive en Allemagne à Roulettenbourg, ville d'eaux et de distractions pour la haute société. Là, il revoit Pauline Alexandrovna, la belle-fille, veuve, du général, et dont il est désespérément amoureux. Celle-ci lui demande de jouer à la roulette pour résorber ses dettes ; mais, très vite, il y prendra goût et jouera pour lui...


Le personnage principal joue à la roulette (jeu de pur hasard) et même si il en a conscience, il est tout de même persuadé de pouvoir y gagner :
Oui, il arrive que l'idée la plus folle, la plus invraisemblable, s'affirme dans votre esprit avec une force telle que vous en arrivez à la croire réalisable..
Bien plus si cette idée est conjurée avec un désir violent, passionné, vous finissez parfois par la prendre pour une chose fatale, nécessaire, prédestinée; cela ne peut pas ne pas être, cela ne peut pas ne pas se produire ! Il y a peut-être là encore autre chose, certaine combinaison de pressentiments, un effort de volonté exceptionnel, une auto-intoxication de l'imagination..


Il fait face à la perplexité de son entourage :
(Pauline, qu'il essaye de séduire)
- "vous persistez à croire que la roulette est votre seule planche de salut ?" s'enquit-elle d'un ton railleur.
Je lui répondis très sérieusement qu'il en était ainsi; quant à ma certitude de gagner, je convins qu'elle pouvait paraitre ridicule. "Mais qu'on me laisse tranquille!"


Puis il remporte un soir le jackpot, qu'il claque sans compter :
(Blanche, une courtisane "intéressée"):
- vraiment tu ne regrettes pas que notre argent fonde si rapidement ?
- Mais non qu'il s'en aille au plus vite !
- Mais, sais tu.. Qu'est ce que tu feras après, dis donc ?
- J'irai à Hombourg (casino) et je gagnerai encore cent mille francs.


Evidement il ne réussira pas se refaire mais continuera à jouer. Sa vision du jeu évolue alors :
Oh comme mon cœur battait ! Non, ce n'était pas à l'argent que je tenais ! Je voulais simplement que le lendemain tous ces Oberkellner, toutes ces splendides badoises, que tous ils parlasse de moi, qu'ils se racontassent mon histoire, qu'ils fussent étonné par moi, qu'ils me couvrissent de louanges et qu'ils admirassent mon nouveau succès.
Ce n'était que rêves et préoccupation d'enfants..


Il est devenu addict :
Dès que je m'approche de la roulette, au seul tintement des pièces qui s'entrechoquent en roulant, je suis presque en transe !


Une addiction étouffante :
Je vis, naturellement, dans un état d'alarme continuelle, je joue le plus modestement possible et j'attends quelque chose; je suppute, je passe des journées entières près des tables et j'observe le jeu; je le vois même en rêve. Malgré tout, j'ai le sentiment d'être engourdi, de m'être enlisé dans une sorte de vase.


..qui rend toute confrontation à la réalité douloureuse
(Un ami sincère) :
-"Vous vous êtes encrouté me dit-il, vous avez renoncé non seulement à la vie, à vos intérêts personnels et aux sociaux, à vos devoirs de citoyen et d'homme, à vos amis; vous avez non seulement renoncé à tout objectif, hors de gagner au jeu, vous avez même renoncé à vos souvenirs. Je vous voie enore à une encore à une époque ardente de votre vie; et bien, je suis sûr que vous avez oublié tous les meilleurs sentiments que vous aviez alors. Vos espoirs, vos désirs les plus essentiels, actuellement, ne vont pa au-delà de pariet impair, rouge, noir, la douzaine deu milieu, etc. J'en suis sûr !
-Assez ! S'il vous plaît ! m'écriai-je avec contrariété .."



Bref, cette histoire n'est pas celle d'un joueur gagnant - pas comme dans La Gagne de Bernard Lenteric. Dostoïevski partage ici son propre vécu, notamment son addiction au jeu de hasard.
Le ton est souvent désabusé, même si le personnage principal s'assume complètement en temps que joueur.

Contrairement à la roulette, le poker n'est (d'après moi) pas un jeu de pur hasard.
Au poker, les résultats sont moins aléatoires qu'à la roulette (heureusement!), mais l'aspect addiction est assez semblable.

A lire pour les addicts donc..